JEANNE DE PETRICONI - VISUAL ARTIST

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Statement

- from 2007 until today -

                                           

 

Collecting by means of drawings, proceeding to exhaust the places that objects or details are extracted. Evoking the progressive memory erasure: silent tributes to the beings who have inhabited these spaces and owned these objects. These projects constitute my collections of drawings Dust drawings or Travelling taking the appearance of nine meters of a condensed life (2007-2011).


The sculptures
Curled environment (2007) and #72 (2010), are portions of fiction wrested from the interior of an apartment or exterior of a house. The collection of memories has diminished, leaving room for the memory of gestures inflicted on materials through an interest in the power of natural elements. This has led to energetic sculptures: Arbre à chaos, Furie, Landscape, or Choreographic possibilities (2008-2009), at once attractive and inspiring danger, static and suggesting movement. Since 2010, I have had artistic residencies in several countries resulting in projects related to culture, landscapes and architecture as well as art history, poetry and science.

 

The large number of sculptures that I am currently developing takes its source from The Garden of Earthly Delights by Hieronymus Bosch, as well as in the work of two German scientists from the late nineteenth century: firstly, the biologist Ernst Haeckel, who has translated through watercolor, thousands of plates of plants, animals and particularly diatoms, single-celled marine organisms that reveal a scientific universe that borders on the supernatural; and secondly, the botanist Karl Blossfeldt, who has turned his photographs of herbal plants into real fantastic architectures.

 

At once appropriating elements from the paintings of Hieronymus Bosch, the study of unicellular organisms of Haeckel, and Blossfeldt photographs, the persistence of architectural forms (since 2012), this series is titled Praise of Folly (Eloge de la folie), in the image of the Erasmus essay, a contemporary of Bosch. It comes in the form of a proliferation of poisonous and seductive aspect sculptures, strange and suggestive, made of painted MDF and colored pvc, or simply painted structures, evoking improbable architectures or marine forms. Tinted with eroticism, these allegories of overflowing fantasy generate new forms from free associations, giving them a symbolic and dreamlike dimension.

 

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Statement

- de 2007 à aujourd'hui -

 

Collecter jusqu'à épuisement de la main, répertoriant inlassablement en procédant à l'épuisement de lieux dont les objets ou détails en apparence insignifiants sont extraits. Ce sont des objets classés et contenus dans des carnets de 40, 60, 100 dessins, parfois sous l'apparence d'un travelling de 9 mètres d'une vie condensée. Chacun d'eux évoque le défilement de la vie, l'effacement progressif de la mémoire associé au vieillissement des objets et des lieux avec la ferme volonté de tout conserver. Il s'agit d'hommages silencieux à des êtres qui ont habité ces espaces et possédé ces objets. Ces projets constituent mes diverses Collections de dessins, les Dessins poussière et Travelling, réalisés successivement de 2007 à 2011.

 

Il s'agit aussi dans les projets de sculpture Paysage enroulé (2007) et #72 (2010) de matérialiser l'impalpable en s'appuyant sur la résurgence du souvenir de la maison d'enfance de Saint Exupery dans son récit Terre des Hommes, lors de sa panne d'avion en plein désert. Cela a donné lieu a des séries de gestes brutaux qui content un souvenir aussi bien réconfortant qu'amer d'un bonheur qui n'est plus, avec la réalisation de portions de fictions arrachées, tantôt de celles de l'intérieur d'un appartement ou de la suggestion de l'extérieur d'une maison, enroulés et ramenés à la réalité.

 

L'obsession de la collecte de souvenirs s'est estompée, laissant place à la mémoire des gestes infligés aux matériaux au travers d'un intérêt marqué pour la puissance des éléments naturels et de leur impact dans le paysage retraduits par la force dans l'acter de sculpter et le détournement des matériaux, brisés, accumulés et assemblés. Cela a donné corps à des sculptures énergiques à la fois attractives et inspirant le danger, autant que statiques et suggérant avec force le mouvement. Arbre à chaos, Furie, Landscape, ou Possibilités chorégraphiques forment part de ces projets réalisés entre 2008 et 2009.

 

A partir de 2010, j'ai séjourné dans des villes telles que Saint-Jean-Port-Joli (Québec), Haukijärvi et Ii (Finlande), Sion (Suisse) ou Madrid (Espagne), dans le cadre de résidences d'artistes. Chacune d'elle a donné pour résultat un projet de sculptures intimement lié à ces villes, leur architecture, leur culture et leurs paysages. Les sculptures sont le résultat d'associations de formes issues de mes recherches dans les différents domaines cités plus haut, contenues en puissance mais transformées jusqu'à ne plus les reconnaître. Je poursuis mes projets basés à partir du milieu architectural, minéral ou organique et puise également dans l'histoire de l'art, la poésie ou les sciences.

 

La vaste série de sculptures que je développe actuellement prend ses sources dans le Jardin des Délices de Jérôme Bosch, croise les travaux de deux scientifiques allemands de la fin du XIXème siècle: ceux du biologiste Ernst Haeckel qui a retraduit sous forme d'aquarelles des milliers de planches de plantes, d'animaux et en particulier de diatomées, organismes unicellulaires marins, qui nous révèlent un univers scientifique plus proche du surnaturel, et ceux du botaniste Karl Blossfeldt qui a converti ses herbiers de photographies de plantes en apparentes architectures fantastiques.

 

Cette série, à la fois détournement d'éléments issus des peintures de Jérôme Bosch, des études d'organismes unicellulaires de Haeckel, des photographies de Blossfeldt, de la persistance de formes architecturales (depuis 2012) est intitulée Eloge de la folie, d'après le discours d'Erasme, contemporain de Bosch. Cette série se présente sous la forme d'une prolifération de sculptures aux allures vénéneuses et séduisantes, ou aux apparences étranges et suggestives, constituées de médium peint et pvc coloré, ou simplement de structures peintes, allégories de la fantaisie débridée, évoquant des architectures ou des formes marines improbables teintées d'érotisme.     Générer de nouvelles formes à partir d'associations libres et conférer une dimension onirique et symbolique à mes sculptures.

 

 

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Recorrido artístico

- desde 2006 hasta hoy -

 

Reunir en forma de dibujos, procediendo a agotar los lugares de los que objetos o detalles son extraídos. Evocar el borrado progresivo de la memoria : homenajes silenciosos a los seres que han habitado esos espacios y poseído esos objetos. Estos proyectos constituyen mis Colecciones de dibujos, los Dessins poussière y Travelling que toma la apariencia de 9 metros de una vida condensada (2007 a 2011). Las esculturas Paysage enroulé (2007) y #72 (2010), tratan de porciones de ficciones desgarradas, del interior de un apartamento o del exterior de una casa.

 

La recolección de recuerdos se ha atenuado, dejando lugar a la memoria de los gestos infligidos a los materiales a través de un interés por la potencia de los elementos naturales. Ello ha dado cuerpo a esculturas enérgicas : Arbre à chaos, Furie, Landscape, o Possibilités chorégraphiques (2008 a 2009),a la vez atractivas e inspiradoras de peligro, estáticas y sugiriendo movimiento.

 

A partir de 2010, he realizado residencias artísticas en varios países dando lugar a proyectos ligados a su cultura, paisajes, y arquitectura, así como a la historia del arte, la poesía o las ciencias.

 

La amplia serie de esculturas que desarrollo actualmente tiene su fuente en El Jardín de las Delicias de El Bosco, así como en los trabajos de dos científicos alemanes de fines del siglo XIX: de una parte, el biólogo Ernst Haeckel, que ha traducido a acuarela millares de planchas de plantas, animales y en particular de diatomeas, organismos unicelulares marinos que nos revelan un universo científico que roza lo sobrenatural; de la otra, el botánico Karl Blossfeldt, que ha convertido sus herbarios de fotografías de plantas en verdaderas arquitecturas fantásticas.

 

A la vez apropiación de elementos tomados de las pinturas de El Bosco, de estudios de organismos unicelulares de Haeckel, de fotografías de Blossfeldt, de la persistencia de formas arquitectónicas (desde 2012), esta serie se titula Elogio de la locura (Eloge de la folie), a imagen del discurso de Erasmo, contemporáneo de El Bosco. Se presenta bajo la forma de una proliferación de esculturas de aspecto venenoso y seductor, extraño y sugerente, constituídas de medium pintado y pvc de color, o simplemente de estructuras pintadas. Evocando arquitecturas o formas marinas improbables. Tintadas de erotismo, estas alegorías de la fantasía desbordada generan nuevas formas a partir de asociaciones libres, lo que les confiere una dimensión simbólica y onírica.